Missions Bateau

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Mon père se courbait sous le poids de nos sacs que nous chargions sur le bateau. La semaine dernière, au tout début des vacances d’été, il m’avait appris à conduire le bateau haute technologie qu’il gardait secret. Il n’avait plus grand chose à m’apprendre puisque je l’avais accompagné tellement de fois dans ses missions que ce bateau-sous-marin-hélicoptère-avion-voiture-train-et-je-ne-sais-quoi-encore n’avait quasiment plus aucun secret pour moi ! Je voyais ma soeur, Soanille – que l’on appelait “So” ou “So-So” car c’est vrai que ce prénom est un peu bizarre – qui, ayant trois ans de moins que moi – elle en avait donc treize – , avait un peu de mal à monter ses affaires sur le bateau. Je courais vers elle pour rattraper le sac qui allait finir dans l’eau polluée de la mer. Mon père déposa les deux derniers sacs de vivres dans le bateau puis se tourna vers moi :

  • Ecoute-moi, Vanilla. Tu sais que nous comptons vraiment sur toi pour veiller sur ta soeur et toi bien sur ! Je t’ai appris pendant une semaine, jours et nuits, comment marchait cet engin, je t’ai montré toute les fonctions qui pouvaient te sauver la vie en cas de danger et toute votre vie, je vous ai appris, à toi et ta soeur, à prendre des initiatives et à vous sortir du “pétrin”. Alors j’espère que vous réussirez à faire cet été en mer comme des adultes responsables.

Puis il me prit dans ses bras et appela So pour qu’elle vienne se joindre à notre étreinte. Il lui répéta tous les dangers de la mer en lui faisant jurer d’être prudente et de faire preuve de maturité pour ne pas se mettre en danger, elle, mais aussi moi. Une fois que toutes ces recommandations furent finies, mon père nous embrassa et nous serra encore plus fort dans ses bras. Puis, il nous repoussa légèrement et nous fit monter sur le pont du bateau. Il redescendit sur le quai. Nous retournâmes dans la petite cabine pour diriger le bateau. J’actionnais le moteur en tournant l’un des nombreux boutons présents sur le tableau de bord. Le bateau commença à trembler mais, bien sur, il n’avança pas. Soudain, So se leva, couru ouvrir la porte de la cabine, remonta sur le pont et redescendit sur le quai pour se jeter dans les bras de notre père. J’avais tellement envie de faire de même… Mais il fallait que je montre l’exemple, je ne devais pas flancher. Je vis de la fenêtre de la cabine que des larmes coulait sur le visage de mon père. Je le savais que les “adieux” allaient être difficiles, mais pas à ce point ! Tout comme ma soeur, je ne résistais pas et je couru me joindre à leur étreinte. Quelques minutes plus tard – ou quelques secondes, je ne sais pas -, j’écartais mon visage trempé de larmes de l’épaule de mon père et retournais à la cabine. So me suivi en essuyant ses yeux avec la manche de son T-shirt. Je lançais un regard à mon père par la fenêtre. Il agitait la main, le visage toujours baigné de larmes. Alors, après avoir fait basculé la levier tenu dans ma main, le bateau commença à avancer. So agitait, tout comme mon père, sa main. Elle continua de la faire jusqu’à ce que le quai et les bateaux qui l’entouraient ne soit plus qu’un petit point noir à l’horizon. Tout n’était plus que bleu autour de nous : en bas, à gauche, à droite, en haut. Je réglais ensuite le pilotage automatique et retournait dans la pièce assez spacieuse au centre du bateau. So me dit :

  • Il y a un point noir à l’horizon et ce n’est pas le quai !

Comme je ne réagissais pas, So prit la bouteille d’eau sur sa table de nuit qui n’était en fait pas plus bouteille d’eau que moi j’étais messagère dans les rue de Bagdad. C’était en fait une longue-vue très performante. So remonta sur le pont et colla la fausse bouteille d’eau à son oeil. Elle m’appela en criant :

  • C’est un bateau et sur son drapeau il y a un crâne blanc sur fond noir.

Je courais en remontant les escalier pour la rejoindre sur le pont. Je lui pris la longue-vue des mains et l’approchais de mon oeil.

  • Un bateau de pirate, soufflais-je, émerveillée.

Mais So me rappela à l’ordre alors que c’était la plus jeune :

  • Il ne faut pas rester là !

Elle reprit la longue-vue et s’écria, paniquée :

  • Ils nous montrent du doigt et chargent des canons !
  • Vite ! Viens avec moi dans la cabine de pilotage !

Je retournais m’assoir devant le tableau de bord et désactivais le pilote automatique. Je pris la petite figurine en verre qui était le modèle miniature de ce bateau. Elle était en verre pour qu’on puisse voir toutes les parties à l’intérieur par transparence. Les parties que j’avais “activées” dans le bateau étaient teintées de bleu sur le modèle miniature qui était branché au tableau de bord. Alors, j’appuyais sur la coque qui entourait le bateau miniature et elle se teinta de bleu. Un tremblement secoua le bateau tandis qu’une coque transparente apparaissait autour. So, qui était penchée par-dessus mon épaule pour voir ce que je faisais, perdit l’équilibre et je la rattrapais de justesse. Je lui dis :

  • Quand je conduis moi-même le bateau, tu dois toujours être assise et attachée dans ton siège à côté de moi.
  • Hum…, marmonna-t-elle en boudant car elle déteste quand je lui fais la morale ou que je lui donne des ordres.

 


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